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Spectrophotométrie de la Croix d'Einstein
dans le Proche Infrarouge
Daniel Nadeau, René Racine and, René Doyon
Observatoire du Mont Mégantic et Département de physique,
Université de Montréal,
C.P. 6128, Succ. Centre-ville, Montréal, QC, Canada H3C 3J7
Courrier: nadeaud@ere.umontreal.ca, racine@astro.umontreal.ca,
doyon@astro.umontreal.ca
Abstract:
Nous présentons des images spectrophotométriques
(
) de la Croix d'Einstein,
obtenues au TCFH en 1992, 1993 et 1994 avec la caméra
infrarouge MONICA dans le domaine
.
Les lentilles gravitationnelles permettent de sonder tant les lentilles
elles-mêmes que les sources réimagées.
Ceci est particulièrement
intéressant pour l'étude des différentes sources d'émission,
continue ou en raies étroites ou larges, dans les quasars.
Le système de lentille gravitationnelle Q2237+0305, qui produit quatre
images bien distinctes d'un quasar à z=1.695, possède comme
caractéristiques uniques parmi les systèmes connus, que la galaxie-lentille
est dix fois plus près de nous que le quasar, et les rayons défléchis
vers l'observateur par le potentiel global de la lentille passent à travers
la population dense du bulbe de la galaxie, où la probabilité de
micro-amplification par des étoiles individuelles est élevée.
Q2237+0305 a été observé au foyer f/8 du
TCFH en 1992, 1993 et 1994, avec la caméra infrarouge MONICA
(Nadeau et al. 1994).
MONICA
utilise un détecteur HgCdTe de format 256
256 pixels, sensible
entre 0.8
m et 2.5
m. Les observations ont été faites à travers
des filtres circulaires variables (CVF) pour les bandes H et K, ayant
une résolution effective
.
Les observations de 1992
et 1994 ont couvert un intervalle de longueurs d'onde centré sur la raie
H
du quasar, décalée dans la bande H. Les
observations de 1993 ont couvert un intervalle allant de 1.8
m à
2.4
m. Le seeing était compris entre 0.5'' et 0.7'' pour
l'ensemble des données utilisées dans cette étude.
Après soustraction d'un modèle de la galaxie (Racine 1991),
une fonction d'étalement
a été obtenue en combinant les composantes A et B du quasar, ainsi que
l'étoile de comparaison. Les algorithmes de DAOPHOT ont ensuite été
utilisés pour ajuster et soustraire cette fonction des quatre composantes
du quasar et de l'étoile de comparaison, dans chaque image spectrale,
jusqu'à ce qu'un fond uniforme soit obtenu.
Cette méthode permet d'éliminer les effets des variations du seeing,
de la transparence de l'atmosphère et de la réponse instrumentale.
Le rapport entre l'émission continue du quasar et celle de l'étoile
de comparaison est obtenu à partir des données en bande K de 1993,
et le continu est soustrait à chaque longueur d'onde de façon à
obtenir l'émission dans la raie H
.
Figure 1:
Profils de la raie H
. Les observations de 1992 sont
représentées par des points et une ligne continue. Les observations de
1994 sont représentées par des croix et une ligne hachurée.
 |
Le profil de la raie H
, présenté à la figure
1, est similaire
à celui obtenu pour la raie CIII] par De Robertis et Yee (1988), lorsqu'on
tient compte de la différence de résolution spectrale. La largeur à
la base de la raie H
est
20 000 km s-1. Les différences
observées dans les ailes de la raie entre les données de 1992 et celles
de 1994 pourraient refléter une éjection sporadique de matière par
le quasar.
Les modèles de lentilles gravitationnelles prédisent la présence
d'une cinquième composante lorsque la distribution de masse de la
lentille ne comporte pas une singularité mais plutôt un
coeur de rayon fini à l'intérieur duquel la densité de colonne
est constante. La brillance de cette composante dépend du rayon du
coeur. La mesure de cette cinquième composante pourrait donc fournir
des renseignements uniques sur la distribution de masse dans le coeur
de la galaxie.
L'observation de la raie H
est propice à la détection de
cette cinquième composante car le quasar est relativement plus brillant
que la galaxie dans cette raie et l'extinction est beaucoup plus faible
dans l'infrarouge que dans le visible (Racine 1991). Pour tenter de
détecter cette composante, une image H
a été créée en
combinant toutes les images obtenues dans l'intervalle
1.74
m
1.79
m, et une image du continu a été créée
en combinant les images obtenues hors de cet intervalle. Les images
résultantes furent convoluées par des gaussiennes pour obtenir
la même fonction d'étalement, puis l'image du continu fut ajustée
jusqu'à ce qu'une soustraction parfaite de l'étoile de comparaison
soit obtenue (figure 2b). La soustraction d'une fonction d'étalement
des 4 composantes brillantes du quasar a donné l'image résiduelle
présentée à la figure 2c). Cette image est 2.5 mag plus faible
que l'image A, ce qui est consistant avec le résultat de Racine (1991)
qui obtient une différence de 4.5 mag en I, lorsqu'on tient compte de
l'extinction estimée au centre de la galaxie. La brillance observée
de la cinquième composante serait ainsi nettement plus élevée que
celle prédite par les modèles de cette lentille.
Figure 2:
a) Vue d'ensemble de l'émission continue et H
,
montrant
la galaxie spirale, l'émission du quasar autour du noyau, et l'étoile de
référence.
b) Émission H
du quasar après soustraction de l'émission
continue.
c) Image H
résiduelle, associée à la composante E du quasar,
après soustraction des composantes A, B, C, et D.
Dans ces trois images le Nord est à droite et l'Est vers le haut.
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- De Robertis & Yee 1988
- De Robertis, M. M. & Yee,
H. K. C. 1988, , 332, L49
- Nadeau et al. 1994
- Nadeau, D., Murphy, D. C., Doyon, R.,
& Rowlands, N. 1994, , 106, 909
- Racine 1991
- Racine, R. 1991, , 102, 454
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Pierre Martin
10/28/1998