Laurent Drissen remporte le prix Synergie pour l'innovation du CRSNG catégorie Grandes entreprises.



Laurent Drissen avec en arrière plan une image produite avec SITELLE du reste de supernova IC 443. Cete image est l'une des plus spectaculaires produite avec SITELLE et illustre bien les capacités de l'instrument.

Laurent Drissen, le chercheur principal de SITELLE, a remporté le prix Synergie pour l'innovation catégorie Grandes entreprises attribué par le Conseil de Recherches en Sciences Naturelles et en Génie du Canada (CRSNG). Ce prix reconnaît les collaborations qui sont un modèle de partenariat efficace entre l’industrie, les universités, ou les collèges. Ce pris est attribué au Professeur Drissen pour le développent de SPIOMM, un instrument en opération à l'observatorie du Mont Mégantic et pour le développement de SITELLE, le dernier instrument à entrer en opération au CFHT. Les deux instruments ont été développé dans le cadre d'un partenariat entre ABB Inc. et l'Université Laval à Québec.

SITELLE a débuté les opérations scientifiques au CFHT le 3 mars 2016. C'est l'instrument le plus compliqué opéré en mode queue au CFHT et probablement au monde. L'instrument possède à la fois les caractéristiques d'un imageur et d'un spectrographe et permet l'enregistrement de millions de spectres en une seule observation. Très peu d'instruments ont de telles capacité d'observation.

Cette rareté est du au fait que le développement d'instruments dans le domaine optique fait face à une dichotomie. Les imageurs sont typiquement construits pour observer sur un grand champs mais ne peuvent enregistrer qu'un nombre limité de couleurs. D'un autre côté, les spectrographes observent un nombre limité d'objets mais peuvent enregistrer des millier, dizaine voire centaine de millier de couleurs simultanément. Un bon exemple de cette dichotomie peut être illustrée en comparant MegaCam et ESPaDOnS, deux instruments opérés au CFHT. MegaCam peut enregistrer des images sur un champ d'un degré carré mais ne peut enregistrer qu'une couleur à la fois. Onze filtres sont disponibles donc l'instrument ne peut enregistrer que onze couleurs sur un champ spécifique. ESPaDOnS, un spectrographe, ne peut observer qu'une étoile à la fois mais peut enregistrer plusieur dizaine de milliers de couleurs lors d'une seule exposition.

Il est technologiquement difficile de développer un instrument ayant la capacité d'enregistrer plusieurs couleurs sur un grand champ. Le professeur Drissen et son équipe à L'Université Laval et ABB Inc. ont accomplis ce défi en utilisant une technique appelée interférométrie. Cette technique utilise l'interférence entre deux ondes électromagnétiques pour extraire de l'information sur le champ observé. Puissante mais difficile au plan technologique, la technologie développée par ABB Inc. permet à SITELLE d'observer des milliers de couleurs sur un champ de 11 minutes d'arc! Ceci permet potentiellement l'enregistrement simultanée de millions de spectres à la fois, permettant aux astronomes de faire des analyses détaillés des propriétés physiques des sources qu'ils étudient.

Cette capacité de SITELLE en fait l'instrument le plus puissant au monde pour étudier la distribution de l'abondance des élements ainsi que les champs de vitesse dans les objets étendus tel que les galaxies, les nébuleuse planétaires, les reste de supernova et les novas. Depuis sa mise en opération il y a un peu moins d'un an, deux articles on déjà été publiés dans la littérature scientifique. Dans un premier papier, publié en décembre dernier, SITELLE a été utilisé pour faire une étude cinématique de NGC 6720, la nébuleuse de la Lyre. L'étude présente la cartographie de l'hydrogène de de l'azote la plus profonde et ayant la plus haute résolution jamais réalisée. Les auteurs ont pu ainsi découvrir des structures qui sont indétectable avec d'autres instruments. Le second papier, publié ce mois-ci, présente une étude de la nova classique AT CnC. Les auteurs ont pu déterminer que la dernière éruption s'est produite il y a environ 300 ans en mesurant la vitesse radiale d'une centaine d'agrégats situés dans l'éjecta de la nova. Ces deux études sont un bon example des avancées scientifiques réalisables grâce à SITELLE.

Additional information

Annonce officielle du Gouvernement du Canada.

Vidéo sur YouTube.
Premier article.
Second article.

Information:
Contact pour la presse:
Mary Beth Laychak
Canada-France-Hawaii Telescope
(808)885-7944
mary@cfht.hawaii.edu

Contact scientifique:
Professor Laurent Drissen
Département de physique, de génie physique et d'optique
Groupe de recherche en astrophysique
Université Laval
Québec, QC, Canada, G1V0A6
(418) 656 2131
ldrissen@phy.ulaval.ca